Les Français ne tirant pas, ils ne peuvent même pas essayer de rentrer dans ce top…
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Aussi sur l’Héritage de mai68.
Alain Finkielkraut est-il ce nouveau mandarin, tels les professeurs que les étudiants de 68 voulaient descendre de leur piédestal ? Le droitier philosophe cristallise en tous cas la contestation de ceux qui voient dans le commémorationnisme ambiant les funérailles de Mai. Samedi dernier France Culture organisait une journée spéciale en direct de l’Odéon pour parler, évidemment, de mai 68. Et alors qu’Alain Finkielkraut animait son émission “Répliques”, un groupuscule a pris de force le micro pour lire un communiqué de presse fustigeant les “croque-morts” des espérances de mai. De quoi rendre Finkiekraut, pour une fois, tout rouge. Tout est raconté sur Acrimed.
Mercredi soir, rebelote ! Invité à Sciences Po à venir débattre sur mai 68, Alain Finkielkraut a été reçu par un comité d’accueil un peu particulier. Une cinquantaine d’étudiants de gauche, toutes tendances confondues, ont organisé une fausse manifestation de droite sur le modèle maintenant bien connu de celles lancées par les intermittents depuis deux ans : “Afrique paye ta dette”, “l’Algérie c’est la France”, “Augmentez les droits de scolarité”, “Moins de bourses”, “Tous en Suisse” ou encore CRS = Tendresse” étaient certains des slogans proférés.
Sur la vidéo, Alain Finkielkraut assiste, en colère, à l’envahissement de la salle par les étudiants. Il fait mine de partir avant de se raviser au bout de quelques minutes. (Le son n’est pas très bon, la vidéo a été tournée avec un simple appareil photo.)
vers les 5″20
Un étudiant de droite : “c’est ça l’image que j’ai de mai 1968″
AL : “y avait quand même mieux que ça, c’était quand même pas aussi con.”
Ca, c’est une réplique de philosophe !
Une autre vidéo tournée par mes amis de l’Héritage de 68 :
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« Cohn-Bendit, c’est une merde qui, avant 68, militait pour la mixité des dortoirs à Nanterre, après 68, pour l’amour libre avec des petits enfants, avant de se retrouver finalement eurodéputé parasite comme les autres», affirme Alain Soral dans un entretien sur le blog l‘Héritage de mai 68.
Une nouvelle fois, l’écrivain proche du Front National dérape.
Dans cette interview, il déclare également que « Dans le fond, mai 68, c’est le lobby américano-sioniste qui fait payer à De Gaulle sa volonté de sortir de l’hégémonie du dollar pour retourner à l’étalon-or, et ses déclarations sur Israël en 1967 en manipulant quelques agitateurs professionnels que le système, pour services rendus, a bien promus depuis.»
Il critique également ouvertement les homosexuels et les féministes.
A oublier très vite.
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Jack Lang sur Rue 89 :
“Gbagbo est un homme de gauche, un humaniste. Il connaît l’histoire du mouvement socialiste français mieux que certains socialistes d’aujourd’hui. C’est un patriote qui a été élu démocratiquement, autant que la démocratie fonctionne en Côte d’Ivoire. C’est un président légitime et légal. Il s’est trouvé confronté à une situation de rébellion et d’invasion de la part de troupes venant du Nord et notamment du Burkina Faso. On ne va pas reprocher à un président en fonction de se battre pour préserver l’unité de son pays.
Après, un affrontement c’est un affrontement, on ne fait pas dans la dentelle. Ce qui n’est pas normal, c’est que l’agressé -Laurent Gbagbo et son gouvernement- ait été présenté dans les médias européens ou américains comme l’agresseur.
Je ne suis pas enquêteur, je ne suis pas chargé de dire le bien et le mal, mais mon intuition et le témoignage de gens en qui j’ai confiance me permettent de dire que cet homme a été injustement calomnié, maltraité par le gouvernement français de l’époque. Et certains dirigeants socialistes français manipulés ou mal informés ont participé à cette diabolisation.”
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”Action symbolique lors de la venue de l’inspecteur général des arts plastiques dans notre lycée pour protester contre la réduction inquiétante des moyens attribués aux lycées français.”
Et sur le site du collectif :
“Nous n’accepterons pas l’uniformisation des profils, qui sera sans aucun doute le résultat de la restriction du nombre de nos options. Nous sommes destinés en tant que jeunes à devenir le futur de notre nation, c’est donc grâce à nous que notre pays pourra s’enrichir dans l’avenir. Les restrictions budgétaires constituent une gestion à court terme, bradant nos lendemains et ceux de la république.
Le but de notre site est de dénoncer toutes les réductions de moyens entraînant la suppression de nos options et par cela le sabotage de notre culture. Ce site veut également affirmer et rappeler que l’Education Nationale se doit d’être à un niveau d’excellence pour tous, au nom de l’équité républicaine.
Nous, élèves du lycée Bellevue d’Albi, étant à l’origine de ce site, nous souhaitons porter ce message : « Nous disposons d’un système éducatif qui marche et tire tout le monde vers le haut, ne le laissons pas périr au nom de la rentabilité”.”
Le Monde du 01/04/08 :
“Pour Xavier Darcos, (more…)
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Deuxième épisode de la série 1be4. Sinon y a l’article de Sud Ouest aussi. Aujourd’hui, mode I was like. Because you know and the beau brun poivré. Hommage
9h. Seulement trois jours que je travaille et j’ai déjà du mal à me lever. Brouillard, froid et tout, relou. En plus, il n’y a rien à faire pour moi, comme il n’y a pas beaucoup de nouvelles genres breaking news à La Rochelle en ce moment, because les fêtes de fin d’année, bah, ils savent pas trop quoi me donner. Sauf que ce matin, un peu de beurre va fondre dans les épinards. Oui, oui. Tiens, tiens, coup de fil de l’attaché de presse de Ségolène, une ancienne de France 3, tiens tiens, Ségo visite une ferme ostréicole, tiens tiens, si on y allait. Tiens tiens, c’est comme le chalutier pendant le vyage à Malte de Sarko.
10h. Ni une ni deux mon chef qui est chouette mais pas aussi chouette que Juliette m’envoie là-bas avec le photographe rejoindre la correspondante locale de Sud-Ouest. Enfin pas celle d’Oléron mais celle de Rochefort parce que bon je vais pas vous résumer l’organigramme du journal. Et puis, mon chef qui est chouette, il me dit, tu prends ton cahier et tu le fais pour de faux, c’est un bon exercice. Moi je suis tout émoustillé.
Et me voilà dans la voiture du photographe, qui parle pas beaucoup, un peu poivre et gris. Pas mal mais pas aussi beau que Patrick de Carolis ou le vieu beau de France Inter. Eux, c’est où ils veulent, quand ils veulent. Lui, il faut que je regarde dans mon agenda. Un voyage sur l’Île d’Oléron, c’est un peu l’aventure. C’est comme si Kékete allait faire un reportage à Brooklyn, elle sait que c’est possible mais elle n’y croit pas vraiment.
On arrive devant la ferme ostréicole, sans se perdre, la classe, et en avance. Fortiche conducteur mon photographe. Il y a déjà deux gars France 3 et un gars de la radio. Sud-Ouest Rochefort se ramène et aussi une fille de Montauban. C’est loin Montauban ou pas ? Ca poiraute. Ca parle pas beaucoup.
10h45. « De toute façon, elle est toujours en retard, râle un gars. Et encore si elle vient. »
« Ah bon, avec moi elle arrive toujours à l’heure », dit une autre.
Le silence.
« Et on lui connaît un chéri ? »
Alors là, j’ai l’oreille qui se dresse, qu’entends-je ?
« Oui, un médecin à La Rochelle »
« Pas un people quoi. »
« Nan »
Le silence.
Bref ça voudrait balancer mais y a rien à balancer .
« Et sinon on a retrouvé des requins tigres près de l’île d’Aix cette été. »
Ségo a cinq minutes de retard.
« Après le quart d’heure charentais voilà la demi-heure poitevine. »
11h08. Elle arrive avec un gros gars sympa fort en gueule, le vice-président du conseil régional de Poitou-Charentes., François Patsouris. Je dresse la tête pour rejoindre mes oreilles. Elle est toute fine pas très grande mais bon elle a sorti les talons alors ça monte et puis aussi elle a les boucles d’oreille et tout, je me dis que des talons pour visiter une ferme ostréicole c’est pas le mieux, enfin moi je suis en basket, pas top aussi. C’est marrant ça, tous les jeunes journalistes sont en basket. Pas les deux plus vieilles de la presse écrite. Elle dit bonjour la Ségo et serre la main sans regarder dans les yeux.
Toute la petite troupe la suit.
D’abord on écoute le speech du gars qui cultive les huîtres, une entreprise familiale et tout, mais bon la priorité c’est Sarko. France 3 demande à Ségo de se placer devant les parcs à huîtres tout moches.
« C’est beau là ? », elle demande.
« Oui, oui »
Et puis elle sort, dignité représentation indigne tout ça parce que quand même Sarko il abuse de se dorer la pilule en Egypte avec l’argent de Bolloré qui a des groupes de presse et est en Afrique (je résume). Trois questions du journaliste et c’est torché. En plus, moi qui lit la presse, je sais qu’elle l’a déjà dit hier. Mais bon là faut enfin des images.
« C’est bon là, vous en avez assez ? », demande Ségo. Elle agit en pro. Moi, je veux déjà poser des questions mais j’ose pas, c’est la période réservée à la télé.
Le journaliste essaye de la taquiner sur Carla mais elle balance pas, elle dit que Sarkozy peut aller en vacances où il veut et avec qui il veut. Le problème c’est money money, la dignité de la fonction présidentielle, tout ça. Elle demande en off à France 3 de passer les images aux autres télés parce qu’ils sont tout seuls là.
11h15. Après on va à l’intérieur, on regarde Ségolène ramasser les huîtres, les ouvrir, les manger. C’est Martine visite une ferme ostréicole. On nous apporte un plat d’huîtres, Ségo veut manger mais personne ne bouge. Moi je sais qu’elle ne veut pas être filmée ou photographiée en train de manger. Mais là, ça coince, alors elle en gobe vite fait une sous la mitraille.
Puis, on attaque tous. C’est à la bonne franquette, debout autour d’un tas de bourriche d’huîtres. Y a pas de vin. Et puis Ségo demande si la presse écrite a des questions. Personne ne bronche. Je me sens mal pour elle. Elle redemande.
Bon bah alors moi je la mitraille. La première fois, elle me demande de répéter, je ne parle pas assez fort, puis je prends confiance. Un peu tout ce qui me passe par la tête. Si elle se sent plus proche des gens que Sarko, les liens avec Bolloré, si présenter Carla après la semaine Khadafi n’est pas un problème, le coup du chalutier (”par hasard“, elle dit, tout le monde rigole) et d’autres questions et puis elle elle parle « séquence de communication gênante», et demande au président de s’occuper de nous et d’être vraiment le président du pouvoir d’achat, que le style peut changer mais faut remettre l’ordre des choses et l’ordre des choses c’est la dignité présidentielle. Bref, toujours rôder, elle innove pas après la télé. On a le droit à ordre quand même. Mais pas ordre juste. Dommage. Et puis, pas de off aussi, même quand la caméra est coupée.
Ca a lancé un peu les autres journalistes alors France 3 lui demande ce qu’elle pense de l’Arche de Zoé.
« Des pauvres gens qui se sont fait avoir. »
Mouais. Les familles ou Breteau and co. J’ai un doute. Je me souviens pas. J’ai peut-être raté un épisode dans la réponse ou dans la question.
Et puis les gens se dispersent un peu, elle parle vite fait avec le radio-man de Rue de la banque et qu’elle n’y va pas parce qu’ils ne veulent pas être récupérés. Moi je pense à la visite de Hollande mais j’ose pas demander.
Et puis comme ça, je lance,
Et sinon vous pensez quoi du réseau RESF ?
Là, elle me regarde. J’ai peut-être pas parlé assez fort.
Le réseau RESF ?
Je vois rien dans son regard. Je perds un peu contenance.
Le réseau éducation sans frontière, vous savez, l’immigration.
Ah oui, c’est bien ce qu’ils font.
Vous les soutenez ?
Oui, je crois que leur action est plutôt efficace.
Vous les soutenez même si c’est illégal ?
11H45. Et là, elle a bloqué, j’ai pas insisté, j’avais l’impression d’avoir un doute et si, moi, je me trompais sur le réseau RESF, et si c’était une ONG comme d’hab genre MSF. Une fois rentré, j’ai vérifié, RESF, c’est bien le réseau qui cache des enfants sans papiers pour qu’ils ne soient pas expulsés. Techniquement, c’est bien illégal. CQFD. Bon après, est-ce qu’elle ne connaît pas ou est-ce que je n’étais pas clair. On saura pas. Il faut que je prenne de l’assurance mon général
12h. Bilan, plutôt sympa la Ségo, respectueuse, rôdée sur son discours, veut pas une gaffe.
Je rentre avec mon photographe, il parle pas plus au retour. Je dors dans la voiture. C’est moins drôle que le conseil des ministres, y a pas de petites blagues genre Dati en robe rouge, elle se tape Sarko, Yade en robe noire, elle démissionne (la dernière j’invente, je rêve, que dis-je, j’affabule.)
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Aujourd’hui, j’ai rencontré Ségolène Royal ! Enfin, bien sûr, je n’étais pas tout seul. Le matin, son attaché de presse appelle Sud-Ouest pour signaler que « tiens tiens » Ségolène Royal est en vacances sur l’île d’Oléron et « tiens, tiens », elle visite à onze heures une ferme ostréicole. Ni une, ni deux, je pars avec un photographe rejoindre la journaliste Sud-Ouest de Rochefort.
Début de la série 1be4, un événement, quatre textes. Ce soir, mode Sud-Ouest, le texte ne va pas être diffusé, c’était pour de faux mais il a été validé par le rédac chef.
Demain, une autre version……
« Je suis venue voir les travailleurs et les travailleuses. », a expliqué Ségolène Royal devant une ferme ostréicole de l’île d’Oléron qu’elle a visitée jeudi matin en compagnie de François Patsouris, président des conchyliculteurs de Charente-Maritime et vice-président (PS/RPG) du conseil régional de Poitou-Charentes. Alors que Nicolas Sarkozy fait la une de tous les journaux, Ségolène Royal voulait montrer sa différence. Le lieu choisi pour ses vacances était un symbole tout trouvé. L’île d’Oléron en hiver, c’est beaucoup moins glamour que Charm el Cheikh ! Certes, elle a écouté attentivement Benoît Massé, un des exploitants. Ce sont les fêtes, la période d’activité la plus importante pour l’ostréiculture et il s’est réjoui de son chiffre d’affaires après « une bonne année ».
Mais les journalistes étaient surtout là pour entendre les réactions de la présidente PS du Conseil régional de Poitou-Charentes sur les vacances de Nicolas Sarkozy. Mercredi déjà, elle avait accusé le président français de « mettre en cause l’indépendance et la dignité de la fonction présidentielle. » « Dignité », c’est son nouveau mot fétiche. Dignité de la France, des gens, de la fonction présidentielle. Le terme reviendra tout au long de la visite.
Elle a demandé au président de la République de « payer ses vacances lui-même puisque comme il a triplé son salaire (ndlr, +172%), il a les moyens ». Elle a appelé également le président à « s’occuper de nous » et « à tenir ses promesses, c’est-à-dire à être vraiment le président du pouvoir d’achat. »
Un souci. « Comment retrouver la confiance dans les politiques ? » a-t-elle questionné, tout en ouvrant et dégustant quelques huîtres. Elle a concentré ses critiques sur l’amitié entre Nicolas Sarkozy et Vincent Bolloré, le riche homme d’affaires qui lui a prêté son jet privé. Pour Patrick Balkany, ami intime du chef de l’Etat, le groupe Bolloré ne dépend pas des contrats publics, donc il n’y a pas de conflits d’intérêts. Au contraire, pour Ségolène Royal, la forte présence de ce groupe dans les médias et en Afrique constitue un « souci».
Le groupe Bolloré possède la chaîne de télé Direct 8 et les quotidiens gratuits Direct Soir et Matin Plus. Par ailleurs, il est présent dans la publicité avec des parts dans le groupe Havas, deuxième groupe publicitaire de France, et dans Aegis. Depuis 2006, il est entré dans le capital de l’Institut CSA, un des principaux instituts de sondage français, à hauteur de 44%. Sa présence en Afrique à travers la logistique de sites portuaires et celle de nombreux projets miniers et pétroliers, des secteurs hautement stratégiques, est à signaler.
« Évidemment que Nicolas Sarkozy doit quelque chose à Bolloré, a expliqué Ségolène Royal, mais en même temps Bolloré ne va jamais dire du mal de lui dans ses journaux. » En visitant une petite entreprise, elle veut se montrer plus proche des gens que Nicolas Sarkozy. Déjà, lors des vacances de ce dernier sur un luxueux yacht à Malte, propriété de M. Bolloré, elle avait fait un tour « par hasard », comme elle l’a redit elle-même hier, sur un chalutier de la Rochelle au nom prédestiné, « Les deux tours.» Pour continuer d’exister dans le paysage médiatique, Ségolène Royal a besoin de ces mises en scène calculées. Toutefois, « nous, nous ne sommes pas des people » a conclu François Patsouris.
PS : sur la première photo, Ségolène Royal et François Patsouris.
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Julien Gracq n’est plus. Décédé à l’hôpital d’Angers. C’est triste. Il aurait dû mourir chez lui, à Saint-Florent le Vieil, face à la Loire. Cherchant, au loin dans le brouillard de Noël, les côtes hypothétiques du Fagherstan tel Aldo dans le Rivage des Syrtes. Ou écoutant le bruit de la guerre qui est là alors que la guerre, elle, reste invisible comme dans Un Balcon en forêt ou dans le Roi Cophétua. Au moins, il est mort une nuit de grand froid et de tempête, une nuit où l’incertain est plus réel que le certain, une nuit de romantique allemand, une nuit de surréaliste.
Inutile de résumer sa vie, les autres y arrivent très bien, là, là, là ou là. C’était le dernier des écrivains, c’est tout. Le dernier avec une Weltanschauung ; avec une œuvre globale où une vraie vision du monde s’épanouit ; avec une réflexion sur plusieurs dizaines années qui accepte l’échec ou l’impasse parfois. Beigbeder, Houellebecq ou Angot, c’est sympa mais ce n’est pas pareil.
Julien Gracq était le dernier des écrivains, il n’y a plus que des littérateurs.
Début décembre, je l’ai eu au téléphone. Brièvement, deux minutes, trois peut-être. Sa voix était ferme, elle trahissaitt son âge mais elle révélait aussi sa vigueur d’esprit. J’avais un reportage radio à faire sur les prix littéraires. Je voulais l’interroger, interroger l’homme de la littérature à l’estomac qui au début des années 50 avait déjà des mots si juste sur la littérature d’aujourd’hui, l’homme qui n’accepta pas le Goncourt.
Il refusa.
« Ce petit pamphlet, c’était il y a bien longtemps. De toute façon, aujourd’hui, c’est pire encore. Je ne donne plus d’interview, c’est fini tout ça, je me suis retiré. »
« Même pour un jeune journaliste qui admire beaucoup votre œuvre ? »
« Oui »
Un instant passa. Le silence. Le décor était planté. Il raccrocha.
Un ami poilu me demanda un jour, « Un monde sans dodo mérite-t-il d’être sauvé ? »
Et un monde sans Gracq ?
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