Le big bazar

«La Princesse de Clèves», un livre pour Sarkozy

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on mars 20, 2009

clèves

Mais pourquoi diable Nicolas Sarkozy n’aime-t-il pas la Princesse de Clèves? Les mauvaises langues sous-entendent que c’est parce qu’il était un piètre élève. Les autres qu’il n’a tout simplement pas apprécié cette lecture étant jeune.
Quelle erreur de la part de notre président! S’il le relisait, il ne pourrait que l’apprécier. On aime un roman, la plupart du temps, pour deux raisons: soit il nous permet d’envisager une vie fantasmée (Harry Potter pour les enfants) soit le lecteur s’identifie à un des personnages (Bridget Jones pour les jeunes femmes). Or, pour Nicolas Sarkozy, ces deux ingrédients sont réunis dans «La Princesse de Clèves».

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Discours au Nobel de Saint-John Perse (1960)

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on décembre 9, 2008

Texte original ici.

J’ai accepté pour la poésie l’hommage qui lui est ici rendu, et que j’ai hâte de lui restituer.

La poésie, sans vous, ne serait pas souvent à l’honneur. C’est que la dissociation semble s’accroître entre l’œuvre poétique et l’activité d’une société soumise aux servitudes matérielles. Ecart accepté, non recherché par le poète, et qui serait le même pour le savant sans les applications pratiques de la science.

Mais du savant comme du poète, c’est la pensée désintéressée que l’on entend honorer ici. Qu’ici du moins ils ne soient plus considérés comme des frères ennemis. Car l’interrogation est la même qu’ils tiennent sur un même abîme, et seuls leurs modes d’investigation différent.

Quand on mesure le drame de la science moderne découvrant jusque dans l’absolu mathématique ses limites rationnelles; quand on voit, en physique, deux grandes doctrines maîtresses poser, l’une un principe général de relativité, l’autre un principe quantique d’incertitude et d’indéterminisme qui limiterait à jamais l’exactitude même des mesures physique; quand on a entendu le plus grand novateur scientifique de ce siècle, initiateur de la cosmologie moderne et répondant de la plus vaste synthèse intellectuelle en termes d’équations, in­voquer l’intuition au secours de la raison et proclamer que «l’imagination est le vrai terrain de germination scientifique», allant même jusqu’à réclamer pour le savant le bénéfice d’une véritable «vision artistique» – n’est on pas en droit de tenir l’instrument poétique pour aussi légitime que l’instrument logique?

Au vrai, toute création de l’esprit est d’abord «poétique» au sens propre du mot; et dans l’équivalence des formes sensibles et spirituelles, une même fonction s’exerce, initialement, pour l’entreprise du savant et pour celle du poète. De la pensée discursive ou de l’ellipse poétique, qui va plus loin et de plus loin? Et de cette nuit originelle où tâtonnent deux aveugles-nés, l’un équipé de l’outillage scientifique, l’autre assisté des seules fulgurations de l’intuition, qui donc plus tôt remonte, et plus chargé de brève phosphorescence. La réponse n’importe. Le mystère est commun. Et la grande aventure de l’esprit poétique ne le cède en rien aux ouvertures dramatiques de la science moderne. Des astronomes ont pu s’affoler d’une théorie de l’univers en expansion; il n’est pas moins d’expansion dans l’infini moral de l’homme – cet univers. Aussi loin que la science recule ses frontières, et sur tout l’arc étendu de ces frontières, on entendra courir encore la meute chasseresse du poète. Car si la poésie n’est pas, comme on l’a dit, «le réel absolu», elle en est bien la plus proche convoitise et la plus proche appréhension, à cette limite extrême de complicité où le réel dans le poème semble s’informer lui-même. Par la pensée analogique et symbolique, par l’illumination lointaine de l’image médiatrice, et par le jeu de ses correspondances, sur mille chaînes de réactions et d’associations étrangères, par la grâce enfin d’un langage où se transmet le mouvement même de l’Etre, le poète s’investit d’une surréalité qui ne peut être celle de la science. Est-il chez l’homme plus saisissante dialectique et qui de l’homme engage plus? Lorsque les philosophes eux-mêmes désertent le seuil métaphysique, il advient au poète de relever là le métaphysicien; et c’est la poésie, alors, non la philosophie, qui se révèle la vraie «fille de l’étonnement», selon l’expression du philosophe antique à qui elle fut le plus suspecte.

Mais plus que mode de connaissance, la poésie est d’abord mode de vie – et de vie intégrale. Le poète existait dans l’homme des cavernes, il existera dans l’homme des âges atomiques parce qu’il est part irréductible de l’homme. De l’exigence poétique, exigence spirituelle, sont nées les religions elles-mêmes, et par la grâce poétique, l’étincelle du divin vit à jamais dans le silex humain. Quand les mythologies s’effondrent, c’est dans la poésie que trouve refuge le divin; peut-être même son relais. Et jusque dans l’ordre social et l’immédiat humain, quand les Porteuses de pain de l’antique cortège cèdent le pas aux Porteuses de flambeaux, c’est à l’imagination poétique que s’allume encore la haute passion des peuples en quête de clarté.

Fierté de l’homme en marche sous sa charge d’éternité ! Fierté de l’homme en marche sous son fardeau d’humanité, quand pour lui s’ouvre un humanisme nouveau, d’universalité réelle et d’intégralité psychique … Fidèle à son office, qui est l’approfondissement même du mystère de l’homme, la poésie moderne s’engage dans une entreprise dont la poursuite intéresse la pleine intégration de l’homme. Il n’est rien de pythique dans une telle poésie. Rien non plus de purement esthétique. Elle n’est point art d’embaumeur ni de décorateur. Elle n’élève point des perles de culture, ne trafique point de simulacres ni d’emblèmes, et d’aucune fête musicale elle ne saurait se contenter. Elle s’allie, dans ses voies, la Beauté, suprême alliance, mais n’en fait point sa fin ni sa seule pâture. Se refusant à dissocier l’art de la vie, ni de l’amour la connaissance, elle est action, elle est passion, elle est puissance, et novation toujours qui déplace les bornes. L’amour est son foyer, l’insoumission sa loi, et son lieu est partout, dans l’anticipation. Elle ne se veut jamais absence ni refus. Elle n’attend rien pourtant des avantages du siècle. Attachée à son propre destin, et libre de toute idéologie, elle se connaît égale à la vie même, qui n’a d’elle-même à justifier. Et c’est d’une même étreinte, comme une seule grande strophe vivante, qu’elle embrasse au présent tout le passé et l’avenir, l’humain avec le surhumain, et tout l’espace planétaire avec l’espace universel. L’obscurité qu’on lui reproche ne tient pas à sa nature propre, qui est d’éclairer, mais à la nuit même qu’elle explore; celle de l’âme elle-même et du mystère où baigne l’être humain. Son expression toujours s’est interdit l’obscur, et cette expression n’est pas moins exigeante que celle de la science.

Ainsi, par son adhésion totale à ce qui est, le poète tient pour nous liaison avec la permanence et l’unité de l’Être. Et sa leçon est d’optimisme. Une même loi d’harmonie régit pour lui le monde entier des choses. Rien n’y peut advenir qui par nature excède la mesure de l’homme. Les pires bouleversements de l’histoire ne sont que rythmes saisonniers dans un plus vaste cycle d’enchaînements et de renouvellements. Et les Furies qui traversent la scène, torche haute, n’éclairent qu’un instant du très long thème en cours. Les civilisations mûrissantes ne meurent point des affres d’un automne, elles ne font que muer. L’inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous l’accoutumance. Et c’est ainsi que le poète se trouve aussi lié, malgré lui, à l’événement historique. Et rien du drame de son temps ne lui est étranger. Qu’ à tous il dise clairement le goût de vivre ce temps fort! Car l’heure est grande et neuve, où se saisir à neuf. Et à qui donc céderions-nous l’honneur de notre temps? …

«Ne crains pas», dit l’Histoire, levant un jour son masque de violence – et de sa main levée elle fait ce geste conciliant de la Divinité asiatique au plus fort de sa danse destructrice. «Ne crains pas, ni ne doute – car le doute est stérile et la crainte est servile. Ecoute plutôt ce battement rythmique que ma main haute imprime, novatrice, à la grande phrase humaine en voie toujours de création. Il n’est pas vrai que la vie puisse se renier elle-même. Il n’est rien de vivant qui de néant procède, ni de néant s’éprenne. Mais rien non plus ne garde forme ni mesure, sous l’incessant afflux de l’Etre. La tragédie n’est pas dans la métamorphose elle-même. Le vrai drame du siècle est dans l’écart qu’on laisse croître entre l’homme temporel et l’homme intemporel. L’homme éclairé sur un versant va-t-il s’obscurcir sur l’autre. Et sa maturation forcée, dans une communauté sans communion, ne sera-t-elle que fausse maturité? …»

Au poète indivis d’attester parmi nous la double vocation de l’homme. Et c’est hausser devant l’esprit un miroir plus sensible à ses chances spirituelles. C’est évoquer dans le siècle même une condition humaine plus digne de l’homme originel. C’est associer enfin plus largement l’âme collective à la circulation de l’énergie spirituelle dans le monde … Face à l’énergie nucléaire, la lampe d’argile du poète suffira-t-elle à son propos? Oui, si d’argile se souvient l’homme.

Et c’est assez, pour le poète, d’être la mauvaise conscience de son temps.

Extraits du discours au Nobel de Le Clézio

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on décembre 8, 2008

Le texte entier est ici.

« Le paradoxe ne date pas d’hier. François Rabelais, le plus grand écrivain de langue française, partit jadis en guerre contre le pédantisme des gens de la Sorbonne en jetant à leur face les mots saisis dans la langue populaire. Parlait-il pour ceux qui ont faim ? Débordements, ivresses, ripailles. Il mettait en mots l’extraordinaire appétit de ceux qui se nourrissaient de la maigreur des paysans et des ouvriers, pour le temps d’une mascarade, d’un monde à l’envers. Le paradoxe de la révolution, comme l’épique chevauchée du chevalier à la triste figure, vit dans la conscience de l’écrivain. S’il y a une vertu indispensable à sa plume, c’est qu’elle ne doive jamais servir à la louange des puissants, fût-ce du plus léger chatouillis. Et pourtant, même dans la pratique de cette vertu, l’artiste ne doit pas se sentir lavé de tout soupçon. Sa révolte, son refus, ses imprécations restent d’un certain côté de la barrière, du côté de la langue des puissants. Quelques mots, quelques phrases s’échappent. Mais le reste ? Un long palimpseste, un atermoiement élégant et distant. L’humour, parfois, qui n’est pas la politesse du désespoir mais la désespérance des imparfaits, la plage où le courant tumultueux de l’injustice les abandonne. »

(…)

« La solitude sera son lot. Elle l’a toujours été. Enfant, il était cet être fragile, inquiet, réceptif excessivement, cette fille que décrit Colette, qui ne peut que regarder ses parents se déchirer, ses grands yeux noirs agrandis par une sorte d’atttention douloureuse. La solitude est aimante aux écrivains, c’est dans sa compagnie qu’ils trouvent l’essence du bonheur. C’est un bonheur contradictoire, mélange de douleur et de délectation, un triomphe derisoire, un mal sourd et omniprésent, à la manière d’une petite musique obsédante. L’écrivain est l’être qui cultive le mieux cette plante vénéneuse et nécessaire , qui ne croît que sur le sol de sa propre incapacité. Il voulait parler pour tous, pour tous les temps : le voilà, la voici dans sa chambre, devant le miroir trop blanc de la page vide, sous l’abat-jour qui distille une lumière secrète. Devant l’écran trop vif de son ordinateur, à écouter le bruit de ses doigts qui clic-claquent sur les touches. C’est cela, sa forêt. L’écrivain en connaît trop bien chaque sente. Si parfois quelque chose s’en échappe, comme un oiseau levé par un chien à l’aube, c’est sous son regard éberlué – c’était au hasard, c’était malgré lui, malgré elle. »

Le Théâtre des enfants – Yves Bonnefoy

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on octobre 9, 2008

« Il marchait dans les bois quand il entendit ces rires, ces exclamations, cette joie. Et que faire alors sinon s’arrêter, le cœur battant, écouter la voix des enfants à travers le rideau des branches puis se risquer vers eux, l’autre monde ? »

Yves Bonnefoy, Le Théâtre des enfants, 2001

Le Clezio

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on octobre 9, 2008

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Tambours dans la nuit – Bertolt Brecht

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on mai 12, 2008

Je viens de terminer Tambours dans la nuit.

Murke : Il a un oeuf dans la tête

Kragler : Qu’il sorte !

Et le kangourou saoul pleure.

Baal – Bertolt Brecht

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on mai 4, 2008

Je viens de terminer Baal. Il y a des auteurs si célèbres qu’on oublie parfois de les lire. Bertolt Brecht est de cela (malgré Antigone, ballon d’essai.)

Tout le monde est d’accord sur un point : il ne faut jamais être le dernier amant d’une femme, quand elle est devenue une Madame Arnoux, vieille et décatie, il n’y a que la déception.

« Mais l’amour c’est comme une noix de coco, qui est bonne tant qu’elle est fraîche, et qu’il faut cracher quand le jus a été sucé et qu’il reste la pulpe, laquelle a un goût amer. »

Après les avis divergent : Vaut-il mieux qu’elle soit vierge ou attendre d’être le dixième amant pour en profiter à son apogée ?

Pour un œuvre littéraire, c’est un peu pareil. Vaut-il mieux prendre le risque des premières pages maladroites, de ces coups de langue qui ne savent pas où ils vont ou bien commencer directement par l’œuvre principale, celle dont on est sûr qu’elle aboutira à l’orgasme ?

Mais opter pour la deuxième solution, c’est aussi prendre le risque de passer à côté des premiers soupirs de plaisir, ceux par qui – et c’est Racine qui l’affirme – Narcisse, c’en est fait, Néron est amoureux !

Ayant le théâtre complet sous la main, mon choix est fait, commençons par Baal.

Baal, personnage éminemment sympathique, à mi-chemin entre Rimbaud et Pete Doherty en passant par François Villon. Le poète tombeur-alcoolique-maudit , personnage aujourd’hui lassant à force d’être rabâché mais qui gardait encore tout son attrait à l’époque.

Vive la bestialité

Vive l’homosexualité latente

Vive les partouzes avec des sœurs orphelines

« Baal (il titube) : Je veux être un éléphant qui pisse dans le cirque quand tout n’est pas beau… »

La nuit juste avant les forêts – Bernard-Marie Koltès

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on mai 1, 2008

Je viens de terminer La nuit juste avant les forêts, une longue phrase ininterrompue. Mon deuxième Koltès et déjà, un peu plus de plaisir, on accroche à l’histoire, on revient de temps en temps vers une ou deux pages incomprises.

Le troisième sera le bon.

« comment avoir une idée sur quelqu’un sans avoir baisé avec elle ? cent mille ans avec elle sans baiser, et tu en sais toujours rien, que les grandes phrases qui te rendent dingue, qu’est-ce que tu connais d’elle avec les grandes phrases, si tu ne sais pas comment elle est avant,, si tu ne sais pas comment elle bouge, comment elle respire, si elle parle et fait des histoires, ou si, au contraire tu lui plais vraiment bien, et qu’elle ne dit rien, se retient, garde tout en secret pour toi et pour elle, qu’est-ce qu’on connait de quelqu’un si on ne sait pas comment elle respire après avoir baisé, »

Dans la solitude des champs de coton

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on avril 26, 2008

Je viens de terminer Dans la solitude des champs de coton.
Titre merveilleux.

Mon premier Koltès.

“Si par hypothèse je vous disais que ce qui me retient ici était l’incertitude où je suis de vos desseins, et l’intérêt que j’y prends ? Dans l’étrangeté de l’heure et l’étrangeté du lieu et l’étrangeté de votre avance vers moi je me serais avancé vers vous, mû de ce mouvement conservé en toute chose de manière indélébile tant qu’un mouvement contraire ne lui est imprimé. Si c’était par inertie que je me suis approché de vous ?”

L’extrait résume mon sentiment
L’attention s’égare souvent, revient parfois.
Dealer ou Client, une ou deux jolies phrases ne suffisent pas.

Purifiés – Sarah Kane

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on avril 25, 2008

Je viens de terminer Purifiés.

Aime beaucoup Sarah Kane, mais là,

l’incompréhension

Le soleil brille de plus en plus, les rats couinent de plus en plus fort et la lumière devient aveuglante, et le bruit devient assourdissant.

Noir

Il faudra relire pour vraiment comprendre.

A bientôt Grace/Graham/Tinker

Graham : Jure-le.

Tinker : Oui.

Grace : Sur ma vie.

Moi : Oui, je le jure sur la vie de Grace.

Histoire de l’oeil – Georges Bataille

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on avril 24, 2008

Je viens de terminer l’Histoire de l’oeil de Georges Bataille. Une agréable surprise. Du cul, des viols, un jeu avec des oeufs, des couilles de taureau et pourtant, le sentiment -prenant- qu’il y a quelque chose
Un peu plus
Comme si
peut-être
Marcelle, pendue -comme Antigone !- ne pouvait que mourir
Elle était trop belle
Bien fait

PS : et après avoir vu quelques jours plus tôt une lecture théâtrale des 120 journées de Sodome, tout est mièvre….

… avec des forts relents de foutre, toutefois

Antigone – Bertolt Brecht

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on avril 23, 2008

Je viens de terminer Antigone de Bertolt Brecht.
« L’acte de copier est méprisé ; il faut se libérer de ce mépris. Copier n’est pas « plus facile ». Ce n’est pas une honte mais un art. Plus précisément : il faut en faire un art pour que ne se produisent ni routine ni sclérose. »

La guerre est finie Créon. C’est trop tard.

Le dernier des écrivains est mort

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on décembre 25, 2007

 _gracq1180216364.jpg Julien Gracq n’est plus. Décédé à l’hôpital d’Angers. C’est triste. Il aurait dû mourir chez lui, à Saint-Florent le Vieil, face à la Loire. Cherchant, au loin dans le brouillard de Noël, les côtes hypothétiques du Fagherstan tel Aldo dans le Rivage des Syrtes. Ou écoutant le bruit de la guerre qui est là alors que la guerre, elle, reste invisible comme dans Un Balcon en forêt ou dans le Roi Cophétua. Au moins, il est mort une nuit de grand froid et de tempête, une nuit où l’incertain est plus réel que le certain, une nuit de romantique allemand, une nuit de surréaliste.

Inutile de résumer sa vie, les autres y arrivent très bien, , , ou là. C’était le dernier des écrivains, c’est tout. Le dernier avec une Weltanschauung ; avec une œuvre globale où une vraie vision du monde s’épanouit ; avec une réflexion sur plusieurs dizaines années qui accepte l’échec ou l’impasse parfois. Beigbeder, Houellebecq ou Angot, c’est sympa mais ce n’est pas pareil.

    Julien Gracq était le dernier des écrivains, il n’y a plus que des littérateurs.
Début décembre, je l’ai eu au téléphone. Brièvement, deux minutes, trois peut-être. Sa voix était ferme, elle trahissaitt son âge mais elle révélait aussi sa vigueur d’esprit. J’avais un reportage radio à faire sur les prix littéraires. Je voulais l’interroger, interroger l’homme de la littérature à l’estomac qui au début des années 50 avait déjà des mots si juste sur la littérature d’aujourd’hui, l’homme qui n’accepta pas le Goncourt.
Il refusa.
« Ce petit pamphlet, c’était il y a bien longtemps. De toute façon, aujourd’hui, c’est pire encore. Je ne donne plus d’interview, c’est fini tout ça, je me suis retiré. »
« Même pour un jeune journaliste qui admire beaucoup votre œuvre ? »
« Oui »

Un instant passa. Le silence. Le décor était planté. Il raccrocha.

Un ami poilu me demanda un jour, « Un monde sans dodo mérite-t-il d’être sauvé ? »
Et un monde sans Gracq ?

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Maldoror – One Screen Version (demo)

Posted in Cinéma bazar, Littérature bazar by Sarrdanapale on décembre 18, 2007

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En attendant Godot I

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on décembre 10, 2007
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En attendant Godot II

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on décembre 10, 2007
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Play

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on décembre 10, 2007

PLAY

A play in one act by Samuel Beckett
Written in English  in late 1962-3. First published in German, as Spiel, in Theatre Heute (July 1963). First published in English by Faber and Faber, London, in 1964. First performance was of Spiel, translated by Erika and Elmar Tophoven, at the Ulmer Theater, Ulm-Donau, on 14 June 1963. First performed in Britain by the National Theatre Company at the Old Vic Theatre, London, on 7 April 1964.
Front centre, touching one another, three identical grey urns (see page 319) about one yard high. From each a head protrudes, the neck held fast in the urn’s mouth. The heads are those, from left to right as seen from auditorium, of w2, m and w1. They face undeviatingly front throughout the play. Faces so lost to age and aspect as to seem almost part of urns. But no masks.
Their speech is provoked by a spotlight projected on faces alone (see page 318).
The transfer of light from one face to another is immediate.
No blackout, i.e. return to almost complete darkness of opening, except where indicated.
The response to light is immediate.
Faces impassive throughout. Voices toneless except where an expression is indicated.
Rapid tempo throughout.
The curtain rises on a stage in almost complete darkness.
Urns just discernible. Five seconds.
Faint spots simultaneously on three faces. Three seconds. Voice faint, largely unintelligible.
w1:

w2:    [Together.
See page 319.]    Yes, strange, darkness best, and the darker the worse, then all well, for the time, but it will come, the time will come, the thing is there, you’ll see it, get off me, keep off me, all dark, all still, all over, wiped out– Yes, perhaps, a shade gone, I suppose, some might say, poor thing, a shade gone, just a shade, in the head–[Faint wild laugh.]–just a shade, but I doubt it, I doubt it, not really, I’m all right, still all right, do my best, all I can–
M:        Yes, peace, one assumed, all out, all the pain, all as if . . . never been, it will come–[Hiccup.]–pardon, no sense in this, oh I know . . . none the less, one assumed, peace . . . I mean . . . not merely all over, but as if . . . never been–

[Spots off. Blackout. Five seconds. Strong spots simultaneously on three faces. Three seconds. Voices normal strength.]
w1:
w2:
M :     [Together]    I said to him, Give her up–
One Morning as I was sitting–
We were not long together–

[Spots off. Blackout. Five seconds. Spot on w1.]
W1 : I said to him, Give her up. I swore by all I held most sacred–
[Spot from w1 to w2.]
W2 : One morning as I was sitting stitching by the open window she burst in and flew at         me. Give me up, she screamed, he’s mine. Her photographs were kind to her.         Seeing her now for the first time full length in the flesh I understood why he         preferred me.
[Spot from w2 to M.]
M :  We were not long together when she smelled the rat. Give up that whore, she said,        or I’ll cut my throat–[Hiccup.]
pardon–so help me God. I knew she could have no proof. So I told her I did not        know what she was talking about.
[Spot from M to W2.]
W2 : What are you talking about? I said, stitching away. Someone yours? Give up whom?         I smell you off him, she screamed, he stinks of bitch.
[Spot from w2 to w1.]
W1 : Though I had him dogged for months by a first-rate man, no shadow of proof was         forthcoming. And there was no denying that he continued as . . . assiduous as         ever. This, and his horror of the merely Platonic thing, made me sometimes wonder         if I were not accusing him unjustly. Yes.
[Spot from w1 to M.]
M :  What have you to complain of ? I said. Have I been neglecting you? How could we        be together in the way we are if there were someone else? Loving her as I did, with        all my heart, I could not but feel sorry for her.
[Spot from M to W2.]
W2 : Fearing she was about to offer me violence I rang for Erskine and had her shown        out. Her parting words, as he could testify, if he is still living, and has not forgotten,        coming and going on the earth, letting people in, showing people out, were to the        effect that she would settle my hash. I confess this did alarm me a little, at the time.
[Spot from W2 to M.]
M : She was not convinced. I might have known. I smell her off you, she kept saying.       There was no answer to this. So I took her in my arms and swore I could not live       without her. I meant it, what is more. Yes, I am sure I did. She did not repulse me.
[Spot from M to W 1.]
W1 : Judge then of my ashonishment when one fine morning, as I was sitting stricken in       the morning room, he slunk in, fell on his knees before me, buried his face in my lap       and . . . confessed.
[Spot from w1 to M.]
M : She put a bloodhound on me, but I had a little chat with him. He was glad of the       extra money.
[Spot from M to W2.]
W2 : Why don’t you get out, I said, when he started moaning about his home life, there        is obviously nothing between you any more. Or is there?
[Spot from w2 to w1.]
W1 : I confess my first feeling was one of wonderment. What a male!
[Spot from w1 to M. He opens his mouth to speak. Spot from M to W2.]
W2 : Anything between us, he said, what do you take me for, a something machine? And       of course with him no danger of the . . . spiritual thing. Then why don’t you get out?       I said. I sometimes wondered if he was not living with her for her money.
[Spot from w2 to M.]
M : The next thing was the scene between them. I can’t have her crashing in here, she       said, threatening to take my life. I must have looked incredulous. Ask Erskine, she       said, if you don’t believe me. But she threatens to take her own, I said. Not yours?       she said. No, I said, hers. We had fun trying to work this out.
[Spot from M to W1.]
W1 : Then I forgave him. To what will love not stoop! I suggested a little jaunt to       celebrate, to the Riviera or our darling Grand Canary. He was looking pale. Peaked.       But this was not possible just then. Professional commitments.
[Spot from w1 to w2.]
W2 : She came again. Just strolled in. All honey. Licking her lips. Poor thing. I was doing       my nails, by the open window. He has told me all about it, she said. Who he, I said       filing away, and what it? I know what torture you must be going through, she said,       and I have dropped in to say I bear you no ill-feeling. I rang for Erskine.
[Spot from w2 to M.]
M : Then I got frightened and made a clean breast of it. She was looking more and more       desperate. She had a razor in her vanity-bag. Adulterers, take warning, never admit.
[Spot from M to w1.]
W1 : When I was satisfied it was all over I went to have a gloat. Just a common tart.       What he could have found in her when he had me–
[Spot from w1 to w2.]
W2 : When he came again we had it out. I felt like death. He went on about why he had       to tell her. Too risky and so on. That meant he had gone back to her. Back to that!
[Spot from w2 to w1.]
W1 : Pudding face, puffy, spots, blubber mouth, jowls, no neck, drugs you could–
[Spot from w1 to w2.]
W2 : He went on and on. I could hear a mower. An old hand mower. I stopped him and        said that whatever I might feel I had no silly threats to offer–but not much stomach        for her leavings either. He thought that over for a bit.
[Spot from w2 to w1.]
W1 : Calves like a flunkey–
[Spot from w1 to M.]
M : When I saw her again she knew. She was looking–[Hiccup.]–wretched. Pardon.       Some fool was cutting grass. A little rush, then another. The problem was how to       convince her that no . . . revival of intimacy was involved. I couldn’t. I might have       known. So I took her in my arms and said I could not go on living without her. I don’t       believe I could have.
[Spot from M to W2.]
W2 : The only solution was to go away together. He swore we should as soon as he had       put his affairs in order. In the meantime we were to carry on as before. By that he       meant as best we could.
[Spot from w2 to w1.]
W1 : So he was mine again. All mine. I was happy again. I went about singing. The        world–
[Spot from w1 to M.]
M : At home all heart to heart, new leaf and bygones bygones. I ran into your ex-doxy,       she said one night, on the pillow, you’re well out of that. Rather uncalled for, I       thought. I am indeed, sweetheart, I said, I am indeed. God what vermin women.       Thanks to you, angel, I said.
[Spot from M to W1.]
W1 : Then I began to smell her off him again. Yes.
[Spot from w1 to w2.]
W2 : When he stopped coming I was prepared. More or less.
[Spot from w2 to M.]
M : Finally it was all too much. I simply could no longer–
[Spot from M to W1.]
W1 : Before I could do anything he disappeared. That meant she had won. That slut! I        couldn’t credit it. I lay stricken for weeks. Then I drove over to her place. It was all        bolted and barred. All grey with frozen dew. On the way back by Ash and        Snodland–
[Spot from w1 to M.]
M :  I simply could no longer–
[Spot from M to W2.]
W2: I made a bundle of his things and burnt them. It was November and the bonfire was       going. All night I smelt them smouldering.
[Spot off W 2. Blackout. Five seconds. Spots half previous strength simultaneously       on three faces. Three seconds. Voices proportionately lower.]
W 1 :         Mercy, mercy–
W 2 :    [Together]    To say I am–
M :         When first this change–

[Spots off. Blackout. Five seconds. Spot on M.]
M : When first this change I actually thanked God. I thought, It is done, it is said, now all       is going out–[Spot from M to W1.]
W 1 : Mercy, mercy, tongue still hanging out for mercy. It will come. You haven’t seen       me. But you will. Then it will come.
[Spot from W1 to W2.]
W 2 : To say I am not disappointed, no, I am. I had anticipated something better. More       restful.
[Spot from W2 to W1.]
W 1 : Or you will weary of me.
[Spot from W1 to M.]
M : Down, all going down, into the dark, peace is coming, I thought, after all, at last, I       was right, after all, thank God, when first this change.
[Spot from M to W2.]
W 2 : Less confused. Less confusing. At the same time I prefer this to . . . the other       thing. Definitely. There are endurable moments.
[Spot from W2 to M .]
M : I thought.
[Spot from M to W2.]
W 2 : When you go out–and I go out. Some day you will tire of me and go out . . . for       good.
[Spot from W2 to W1.]
W 1 : Hellish half-light.
[Spot from W1 to M.]
M : Peace, yes, I suppose, a kind of peace, and all that pain as if . . . never been.
[Spot from M to W2.]
W 2 : Give me up, as a bad job. Go away and start poking and pecking at someone else.       On the other hand–
[Spot from W2 to W1.]
W 1 : Get off me! Get off me!
[Spot from W1 to M.]
M : It will come. Must come. There is no future in this.
[Spot from M to W2.]
W 2 : On the other hand things may disimprove, there is that danger.
[Spot from W2 to M .]
M : Oh of course I know now–
[Spot from M to W1.]
W 1 : Is it that I do not tell the truth, is that it, that some day somehow I may tell the truth       at last and then no more light at last, for the truth?
[Spot from W1 to W2.]
W 2 : You might get angry and blaze me clean out of my wits. Mightn’t you?
[Spot from W2 to M .]
M : I know now, all that was just . . . play. And all this? When will all this–
[Spot from M to W1.]
W 1 : Is that it?
[Spot from W1 to W2.]
W 2 : Mightn’t you?
[Spot from W2 to M .]
M : All this, when will all this have been . . . just play?
[Spot from M to W1.]
W 1 : I can do nothing . . . for anybody . . . any more . . . thank God. So it must be       something I have to say. How the mind works still!
[Spot from W1 to W2.]
W 2 : But I doubt it. It would not be like you somehow. And you must know I am doing        my best. Or don’t you?
[Spot from W2 to M .]
M : Perhaps they have become friends. Perhaps sorrow–
[Spot from M to W1.]
W 1 : But I have said all I can. All you let me. All I–
[Spot from W1 to M .]
M : Perhaps sorrow has brought them together.
[Spot from M to W2.]
W 2 : No doubt I make the same mistake as when it was the sun that shone, of looking      for sense where possibly there is none.
[Spot from W2 to M .]
M : Perhaps they meet, and sit, over a cup of that green tea they both so loved, without       milk or sugar not even a squeeze of lemon–
[Spot from M to W2.]
W 2 : Are you listening to me? Is anyone bothering about me at all?
[Spot from W2 to M .]
M : Not even a squeeze of–
[Spot from M to W1.]
W 1 : Is it something I should do with my face, other than utter? Weep?
[Spot from w1 to w2.]
W 2 : Am I taboo, I wonder. Not necessarily, now that all danger is averted. That poor creature–I can hear her–that poor creature–
[Spot from w2 to w1.]
W 1 : Bite off my tongue and swallow it? Spit it out? Would that placate you? How the mind works still to be sure!
[Spot from W1 to M .]
M : Meet, and sit, now in the one dear place, now in the other, and sorrow together, and      compare–[Hiccup.] pardon– happy memories.
[Spot from M to W1.]
W 1 : If only I could think. There is no sense in this . . . either, none whatsoever. I can’t.
[Spot from w1 to w2.]
W 2 : That poor creature who tried to seduce you, what ever became of her, do you      suppose?–I can hear her. Poor thing.
[Spot from W2 to M .]
M : Personally I always preferred Lipton’s.
[Spot from M to W1.]
W 1 : And that all is falling, all fallen, from the beginning, on empty air. Nothing being       asked at all. No one asking me for anything at all.
[Spot from w1 to w2.]
W 2 : They might even feel sorry for me, if they could see me. But never so sorry as I for      them.
[Spot from w2 to w1.]
W 1 : I can’t
[Spot from w1 to w2.]
W 2 : Kissing their sour kisses.
[Spot from W2 to M .]
M : I pity them in any case, yes, compare my lot with theirs, however blessed, and–
[Spot from M to W1.]
W 1 : I can’t. The mind won’t have it. It would have to go. Yes.
[Spot from W1to M .]
M : Pity them.
[Spot from M to W2.]
W 2 : What do you do when you go out? Shift?
[Spot from W2 to M .]
M : Am I hiding something? Have I lost–
[Spot from M to W1.]
W 1 : She had means, I fancy, though she lived like a pig.
[Spot from W 1to W2.]
W 2 : Like dragging a great roller, on a scorching day. The strain . . . to get it moving,      momentum coming–
[Spot off  W2. Blackout. Three seconds. Spot on W2.]
W 2 : Kill it and strain again.
[Spot from W2 to M .]
M : Have I lost . . . the thing you want? Why go out? Why go–
[Spot from M to W2.]
W 2 : And you perhaps pitying me, thinking. Poor thing, she needs a rest.
[Spot from W2 to W1.]
W 1 :Perhaps she has taken him away to live . . . somewhere in the sun.
[Spot from W 1to M.]
M : Why go down? Why not–
[Spot from M to W2.]
W2 : I don’t know.
[Spot from W2 to W1.]
W 1 : Perhaps she is sitting somewhere, by the open window, her hands folded in her      lap, gazing down out over the olives–
[Spot from W 1to M.]
M : Why not keep on glaring at me without ceasing? I might start to rave and–      [Hiccup.]–bring it up for you. Par–
[Spot from M to W2.]
W 2 : No.
[Spot from W2 to M .]
M : –don
[Spot from M to W1.]
W 1 : Gazing down out over the olives, then the sea, wondering what can be keeping      him, growing cold. Shadow stealing over everything. Creeping. Yes.
[Spot from W 1to M.]
M : To think we were never together.
[Spot from M to W2.]
W 2 : Am I not perhaps a little unhinged already?
[Spot from W2 to W1.]
W 1 : Poor creature. Poor creatures.
[Spot from W 1to M.]
M : Never woke together, on a May morning, the first to wake to wake the other two.     Then in a little dinghy–
[Spot from M to W1.]
W 1 : Penitence, yes, at a pinch, atonement, one was resigned, but no, that does not     seem to be the point either.
[Spot from W1 to W2.]
W 2 : I say, Am I not perhaps a little unhinged already? [Hopefully.] Just a little?     [Pause.] I doubt it.
[Spot from W2 to M .]
M : A little dinghy–
[Spot from M to W1.]
W 1 : Silence and darkness were all I craved. Well, I get a certain amount of both. They      being one. Perhaps it is more wickedness to pray for more.
[Spot from W 1to M.]
M : A little dinghy, on the river, I resting on my oars, they lolling on air-pillows in the       stern . . . sheets. Drifting. Such fantasies.
[Spot from M to W 1.]
W 1 : Hellish half-light.
[Spot from W 1to  W2.]
W 2 : A shade gone. In the head. Just a shade. I doubt it.
[Spot from W2to M.]
M : We were not civilized.
[Spot from M to W 1.]
W 1 : Dying for dark–and the darker the worse. Strange.
[Spot from W 1to M.]
M : Such fantasies. Then. And now–
[Spot from M to W2.]
W 2 : I doubt it.
[Pause. Peal of wild low laughter from W2 cut short as spot from her to W1.]
W 1 : Yes, and the whole thing there, all there, staring you in the face. You will see it.     Get off me. Or weary.
[Spot from W 1to M.]
M : And now, that you are . . . mere eye. Just looking. At my face. On and off.
[Spot from M to W 1.]
W 1 : Weary of playing with me. Get off me. Yes.
[Spot from W 1to M.]
M : Looking for something. In my face. Some truth. In my eyes. Not even.
[Spot from  M to W2. Laugh as before from W2 cut short as spot from her to M.]
M : Mere eye. No mind. Opening and shutting on me. Am I as much–
[Spot  off. Blackout. Three seconds. Spot on M.]
As I much as . . . being seen?
[Spot off  M. Blackout. Five seconds. Faint spots simultaneously on three faces.      Three seconds. Voices faint largely unintelligible.]
W 1 :          Yes, strange, etc.
W 2 :    [Together]    Yes, perhaps, etc.
M :         Yes, peace, etc.

[Repeat play.]
M : [Closing repeat.] Am I as much as . . . being seen?
[Spot off M. Blackout. Five seconds. Strong spots simultaneously on three faces.       Three seconds. Voices normal strength.]
W 1 :         I said to him. Give her up–
W 2 :    [Together]    One morning as I was sitting–
M :         We were not long together–

[Spots off. Blackout. Five seconds. Spot on M.]
M : We were not long together–
[Spot off M. Blackout. Five seconds.]
CURTAIN
LIGHT
The source of light is single and must not be situated outside the ideal space (stage) occupied by its victims.
The optimum position for the spot is at the centre of the footlights, the faces being thus lit at close quarters and from below.
When exceptionally three spots are required to light the three faces simultaneously, they should be as single spot branching into three.
Apart from these moments a single mobile spot should be used, swivelling at maximum speed from one face to another as required.
The method consisting in assigning to each face a separate fixed spot is unsatisfactory in that it is less expressive of a unique inquisitor than the single mobile spot.
CHORUS

W 1    Yes strange    darkness best    and the darker    the worse
W 2    Yes perhaps    a shade gone    I suppose    some might say
M    Yes peace    one assumed    all out    all the pain

W 1    till all dark    then all well    for the time    but it will come
W 2    poor thing    ashade gone    just a shade    in the head
M    all as if    never been    it will come    [Hiccup.] pardon

W 1    the time will come    the thing is there        you’ll see it
W 2    [Laugh . . . . ]    just a shade        but I doubt it
M    no sense in this    oh I know        none the less

W 1    get off me    keep off me    all dark    all still
W 2    I doubt it    not really    I’m all right    still all right
M    one assumed    peace I mean    not merely    all over

W 1    all over    wiped out–
W 2    do my best    all I can–
M    but as if    never been–

URNS
In order for the urns to be only one yard high, it is necessary either that traps be used, enabling the actors to stand below stage level, or that they kneel throughout play, the urns being open at the back.
Should traps be not available, and the kneeling posture found impracticable, the actors should stand, the urns be enlarged to full length and moved back from front to mid-stage, the tallest actor setting the height, the broadest the breadth, to which the three urns should conform.
The sitting posture results in urns of unacceptable bulk and is not to be considered.
REPEAT
The repeat may be an exact replica of first statement or it may present an element of variation.
In other words, the light may operate the second time exactly as it did the first (exact replica) or it may try a different method (variation).
The London production (and in a lesser degree the Paris production) opted for the variation with following deviations from first statement :
1. Introduction of an abridged chorus, cut short on laugh of w 2, to open fragment of second repeat.
2. Light less strong in repeat and voices correspondingly lower, giving the following schema, where A is the highest level of light and voice and E the lowest :
C First chorus.         1
A First part of 1.
B Second part of 1.
D Second chorus.                      Repeat 1
B First part of Repeat 1.
C Second part of Repeat 1.
E Abridged chorus.             Fragment of Repeat 2
C Fragment of Repeat 2.

3. Breathless quality in voices from beginning of Repeat 1 and increasing to end of play.
4. Changed order of speeches in repeat as far as this is compatible with unchanged continuity for actors. E.g. the order of interrogation  w 1, w 2, M, w2, w1, M  at  opening of 1 becomes w2, w1, M, w2, M, w1 at opening of repeat, and so on if and as desired.

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Play by Samuel Beckett, Part 1

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on décembre 10, 2007
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Play by Samuel Beckett Part 2

Posted in Littérature bazar by Sarrdanapale on décembre 10, 2007
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